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29.01.2008

Relation soignant/soigné (2):

J’ai au début un peu séché sur ce sujet de la relation «soignant/soigné ».
Et puis, ce souvenir très particulier m’est revenu à l’esprit.
C’était un matin d’Octobre 1990.
Il avait fallu se lever tôt pour être à la lingerie à 8 heures moins le quart.
Première blouse d’externe. Premier jour d’hôpital.
Je passais, ce matin-là, à mon idée, de l’autre côté du miroir.
J’allais enfin pouvoir apprendre autres choses que ces fichus polycopiés de P1 (première année) rabâchés depuis 2 ans.
Mon point de chute : un service de chirurgie digestive.
Au départ, les anesthésistes nous faisaient suivre leurs visites des chambres.
Passage obligé avant de passer les jours suivants l’essentiel du temps au bloc opératoire.
L’interne de l’unité nous avait donné à chacun deux ou trois chambres où l’on devait suivre attentivement le dossier du malade.
Le malade. Voilà, le grand mystère et la grande nouveauté.
Ce premier malade était un homme de 70 ans hospitalisé pour une colectomie partielle.
Il était insuffisant respiratoire et toussait énormément.
Je me rappelle parfaitement de lui.
Je devais avoir la mine assez blême et les mots hésitants.
C’était le premier malade que j’ai rencontré, interrogé et examiné.
J’avais noté toute son histoire médicale sur mon petit carnet-bloc.
J’avais dû chercher le sens d'une pléiade de termes écrits dans le dossier.
De ce premier malade, je garde un souvenir très précis.
Un moment important de ma vie même si, pour lui, cela ne fut qu’un petit étudiant venu posé deux trois questions.

Maintenant, des années après, je me rappelle parfois de cette histoire.
Pour moi, soignant, nombre de malades peuplent mes journées, chacun avec leurs histoires et leurs parcours.
Aussi, j'essaie à chaque fois de garder en tête : cet entretien, cet examen, cette annonce de diagnostic où chaque mot et chaque geste seront souvent interprétés.
Ces instants là, seront pour elle ou lui, peut être, une des minutes les plus importantes de sa vie.

« Penser en éthique, c’est se penser soi-même en un autre ».
Pas simple.

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Dessins extraits : Les Bidochons (Tome 7) : Assujettis sociaux
Cliquez pour agrandir.

Commentaires

Très bien les bidochon!
mais ça existe encore ce genre de "grande visite" avec les petits apprentis qui courent derrière.....

Ecrit par : Pat la Fourmi | 29.01.2008

Oui, ça existe encore dans les CHU !
Le(s) chef(s), l'(es) interne(s), l'infirmière, l'élève infirmière quand y en a, les externes, les P2/D1... (en Chir Ortho l'an dernier on pouvait ajouter le kiné et l'élève kiné) Et le patient accessoirement...

Ecrit par : Nicolas (Klausdene) | 29.01.2008

« Penser en éthique, c’est se penser soi-même en un autre »

L'empathie qui fait tant en médecine .

Merci Guillaume .

Ecrit par : Cerise violette | 29.01.2008

J'en étais à ma vision de la fin des années 90...
Si tu dis que cela continue toujours Nicolas ....

Cette phrase sur l'éthique : je l'ai entendu dans l'émission "avec ou sans rendez vous " sur France Culture la semaine dernière de la bouche du Président du comité national d'éthique et je la trouve magnifique.
Pas facile à appliquer au quotidien mais magnifique quand même
Voilà.

Ecrit par : Guillaume | 29.01.2008

Caractére intimiste de la relation

Traiter un malade en être humain est plus facile à envisager qu’à mettre en pratique jour aprés jour. Or, c’est dans la gestion de leur vie quotidienne que les malades sont les plus perturbés. Ils perdent en effet tout ce qui fonde habituellement leur identité (leurs statuts sociaux conférés par leur état civil, leur profession, leur appartenance à différents groupes), pour endosser "l’identité maladie" qui envahit tout leur champ spatial, temporel, et relationnel.

Respecter un malade, c’est d’abord respecter son nouveau territoire, en frappant par exemple avant d’entrer dans sa chambre d’hôpital (en lui laissant par ailleurs le temps de se préparer à cette intrusion). C’est ne pas voir deux soignants poursuivre leur conversation privée dans la chambre, comme si la personne hospitalisée n’était pas là. Respecter la personne malade, c’est bien respecter son intimité.

L’une des spécificités de la relation soignant/soigné est précisément son caractére intimiste. La démarche soignante vise à réintroduire ou conserver ce qui caractérise un malade et nous entraîne nécessairement dans une relation d’intimité. Vivre cette relation soignante intime, c’est être introduit dans le monde de la personne malade, être le témoin de sa nudité, assister aux manifestations de son désarroi, toucher et manipuler ce corps qui ne se livre habituellement qu’à des mains maternelles ou amoureuses.

Respecter l’autre, c’est alors s’efforcer d’être le dépositaire bienveillant et attentif de ses réactions et manifestations. Ce caractére d’intimité est par conséquent indissociable de la notion de respect.

Détails : http://www.syndicat-infirmier.com/article.php3?id_article=348

Ecrit par : syndicat infirmier | 19.05.2008

C'est juste.

Ecrit par : Guillaume | 20.05.2008

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